« Le Sénégal ne peut pas faire l'économie d'une transition politique »
ENTRETIEN AVEC...Mouhamadou Mbodj,
coordonnateur du Forum civil
27 Novembre 2009
Le Quotidien
extraits...
...même s'il y a de nouveaux acteurs, qu'on comprenne que le messianisme est terminé. Théoriquement, au Sénégal, c'est la fin de l'histoire du messianisme. On va vers un système plus participatif, plus ouvert sur des différents acteurs, plus transversal en termes d'équipes de management, de gestion.
...Il faut décentraliser et déconcentrer le pouvoir. Il faut de véritables pôles de développement. Il faut que le pouvoir quitte Dakar ; il faut un nouveau maillage institutionnel. Et pour ça, il faut une transition politique pour le mettre au cœur des acteurs prêts à le faire. Il faut un consensus pour une période de pause politique, qui n'est pas longue, pour permettre de poser ces réformes-là , qui consacreront la sortie du système politique institutionnel traditionnel qui consacrait le messianisme vers un nouveau système institutionnel pour une adéquation avec la démarche inclusive de gestion du pays. Voilà les prémisses. La décentralisation ne règle pas non plus ces questions...
...il y a des tendances centrifuges aussi au niveau de l'opposition, mais très mal assumées. Ceux qui sont porteurs du discours sur les candidatures multiples ont été obligés de réajuster leur discours. Il y a quelques semaines simplement, ils disaient qu'il fallait la multiplicité des candidatures. Aujourd'hui, ils disent qu'on va privilégier les deux, et si cela ne marche pas il faut qu'on se rende en évidence, et qu'on fasse autre chose.
Est-ce que l'unanimité qu'on ressent aujourd'hui dans le discours de l'opposition comme quoi c'est fini un homme providentiel, qu'il faut une équipe pour gérer le pays, n'est pas de nature à apaiser les tensions au sein de l'opposition ?
Tout le monde le dit. Vous savez on est au Sénégal : entre dire une chose et la faire, ce sont deux choses différentes. Déjà , regardons comment ils ont géré les victoires aux Locales. Entre ceux qui tirent sur la gestion inclusive et comment les élections locales ont été gérées, il y a eu des frustrations. Vous avez vu récemment que la mal-gouvernance s'est installée dans des collectivités locales gérées par des maires de Bennoo autant que des maires libéraux. Où est la rupture ? Entre le discours et la pratique, c'est ça le génie du bon leader attendu, c'est d'entraîner le Sénégal dans sa capacité à conformer l'utilité pratique à ses discours. Autrement, il faut que ses discours répondent à l'enjeu et à la forte attente sur la bonne gouvernance.
Maintenant, il est évident, qu'il soit de la majorité ou de l'opposition, que le Sénégal ne peut pas faire l'économie d'une transition politique... Ils (les gens de l'opposition) pourraient trouver une candidature consensuelle en face de Wade. S'ils gagnent, ils pourraient gouverner 12 à 18 mois, appliquer la charte et re-convoquer de nouvelles élections. C'est un autre schéma possible en termes d'alternance.
L'opposition a prévu de convoquer un séminaire autour de cette question. Qu'attendez-vous de ce séminaire ?
Avec la situation du pays, ils ne peuvent pas sortir des Assises ensemble, avoir fait les Locales ensemble, et se retrouver à refaire d'autres Assises politiques ! Il y aurait quelque chose d'incohérent là -dedans.
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