Le Pit pour un Président de transition
Bacary Domingo MANE
SUD QUOTIDIEN,
jeudi 27 août 2009
La question de la candidature unique à la présidentielle de 2012, agitée au sein de Benno Suggil Senegaal qui regroupe l'opposition dite significative, est abordée différemment par les acteurs concernés. Le Parti de l'indépendance et du Travail (Pit) a mis sur la table une série de propositions sur l'élection, en 2012, d'un Président de transition qui gouvernera pour une durée de 12 mois.
Après quoi un référendum sera organisé pour adopter de nouvelles institutions qui serviront de cadre à la tenue d'un nouveau scrutin présidentiel et législatif. Dans cette phase transitoire, le Président, le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement de Transition, ne participeront pas aux élections générales post transition. Mais le peuvent à partir de la fin de la première législature qui suit la période de Transition.
Pour le Parti de l'indépendance et du travail (Pit) la présidentielle de 2012 ne devait pas avoir comme objectif l'élection, au sein de Benno Siggil Senegaal, « d'un Président de la République pour toute une législature de 7 ans, mais bien pour une période de Transition qui ne pourrait excéder 12 mois ». Après quoi, un référendum sera organisé pour adopter de nouvelles institutions, « devant servir de cadres pour la tenue de nouvelles élections générales ( présidentielle et législative), conformes au nouveau régime auquel nous aspirons ».
Ainsi, à la suite du Référendum, le Gouvernement de transition crée l' « Autorité de Régulation de la Démocratie », nomme ses membres, installe le nouveau Pouvoir judiciaire tel que convenu dans les conclusions des Assises Nationales, dissout l'Assemblée nationale, le Sénat, le Conseil Economique et Social et la Vice Présidence.
Le prix à payer pour de nouvelles institutions
Pendant cette période de période de Transition, le pays va connaître une cohabitation politique, entre un Exécutif contrôlé par les nouvelles autorités issues de l'élection présidentielle, et le Parlement entre les mains des libéraux. Cette cohabitation, de l'avis, le Pit, devrait ainsi durer de Février - Mars 2012 à Juillet -Août 2012, date limite de renouvellement du mandat des Députés, selon le calendrier républicain.
Toutefois, les responsables du Pit n'ignorent pas les contraintes de temps liées à la mise en œuvre du programme de Transition, surtout dans sa partie institutionnelle. C'est pourquoi, ils estiment qu'une prolongation de six mois supplémentaires au moins de la période de transition s'impose. « Ce compromis institutionnel est le prix que nous devons accepter de payer pour avoir suffisamment de temps pour élaborer et faire adopter les nouvelles Institutions et règles de Bonne gouvernance, et pour des raisons de cohérence avec nos objectifs politiques, et de nécessité de stabilité durant les 12 mois de Transition », soutient le Pit.
Dans cette perspective, cette période de Transition de 12 mois est nécessaire pour transformer le « régime présidentiel déconcentré », que notre pays a hérité de Senghor, et mis en œuvre, avec plus ou moins d'autoritarisme, sous Abdou Diouf et sous Wade, en un « régime nouveau de type parlementaire », tel que prévu dans les conclusions des Assises nationales ».
Les trois axes du programme de transition
Le Pit propose un programme de transition, articuler autour de trois axes. Il s'agit d'assainir la gestion des ressources publiques (humaines, financières, foncières, halieutiques, forestières et des mines etc....), évaluer et faire rapatrier les fonds planqués à l'étranger, pour dégager les moyens pour faire face à la Demande sociale et aux nécessités de relancer l'appareil économique. Le second axe, « refonder l'Etat Républicain par l'adoption par Référendum d'une « Charte des Libertés, de la Démocratie et de la Bonne Gouvernance », et d'une « nouvelle Constitution de type parlementaire », telles qu'elles sont prévues dans >les conclusions des Assises nationales » et enfin, la création des « conditions de négociations pour un retour définitif de la paix en Casamance pour consolider la cohésion de notre peuple ».
Les camarades d'Amath Dansokho de préciser que le programme qu'ils proposent pose les bases d'une véritable Alternative au régime et à la politique de Wade et il « n'est ni de « gauche », ni de « droite », mais fondamentalement « républicain, démocratique et citoyen ».
S'inspirer de l'esprit des Assises nationales
C'est pourquoi, pour le PIT, cette période de Transition doit être pilotée par une équipe composée des parties prenantes aux Assises nationales ( politiques et de société civile), pour, durant cette phase, assurer les conditions optimales de cohésion dans la mise en œuvre de leurs conclusions. Et que l'esprit qui a prévalu dans la gestion du processus des Assises nationales doit guider, selon le Pit, notre approche de la gestion de la Transition.
En effet, dans cette phase transitoire, à l'instar de toutes les transitions démocratiques, le Président, le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement de Transition, ne participeront pas aux élections générales post transition. Mais le peuvent à partir de la fin de la première législature qui suit la période de Transition.
Le serment
Le PIT estime que, dans ces perspectives politiques, « Bennoo est en mesure de proposer une équipe issue de ses rangs et de la Société civile, de la trempe des grands Hommes et des grandes Dames qui ont marqué les tournants historiques de « mutations démocratiques » de leur peuple ».
Ainsi, le candidat de l'opposition à la présidence de la République et à la Primature du Gouvernement de Transition, devraient, avant leur désignation, « renoncer publiquement aux prérogatives constitutionnelles héritées du régime de Wade, accepter, une fois au pouvoir, de mettre en œuvre loyalement le « Programme de Transition », et de démissionner à la fin de la Transition, sans pouvoir participer aux élections générales post transition ».
Pour le Pit, ces engagements devraient donc constituer les critères de base pour le choix du candidat de Bennoo aux Présidentielles, et pour celui du poste de Premier Ministre.
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