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Alioune Tine, « Au Sénégal, nous avons un cocktail lourd de dangers » le 29/08/05 ....

Entretiens

ALIOUNE TINE, SECRETAIRE GENERAL DE LA RADDHO

« Au Sénégal, nous avons un cocktail lourd de dangers »

Le secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) a été reçu récemment en audience par le président de la République avec qui il a discuté des problèmes majeurs qui secouent aujourd’hui le Sénégal.
Dans l’entretien qu’il nous a accordé vendredi dernier, M. Alioune Tine revient sur les dangers qui guettent le pays, l’affaire Idrissa Seck, la nécessité d’instaurer un dialogue serein entre acteurs politiques...

Vous êtes militant des droits de l’Homme, et en même temps observateur averti de la scène politico-sociale, quelle appréciation faites vous de la situation politique du Sénégal ?

Alioune Tine :

Inquiétante. Je prends juste quelques exemples : la question de la Céna (Commission électorale nationale autonome). C’est comme si c’était occulté, mais ça reste intact parce qu’il y a un contentieux pendant devant la justice. Il y a une autre question grave, qui est celui du calendrier républicain. Est-ce qu’on va organiser les élections législatives aux dates prévues ? C’est un problème. Est-ce qu’on va aussi vers le couplage des élections ? Cette question mérite aujourd’hui d’être sérieusement posée par rapport au retard constat quant aux inscriptions sur les listes électorales. Est-ce que le couplage va avoir lieu au moment des législatives ou de la présidentielle ? Je pense que toutes ces questions méritent d’être posées aujourd’hui (Ndlr : l’interview a été réalisée vendredi). C’est pourquoi nous estimons qu’il est extrêmement urgent pour le pouvoir et pour l’opposition de discuter de ces questions pour avoir un consensus parce que d’après les textes de la CEDEAO relatives à la bonne gouvernance, surtout la bonne gouvernance démocratique, toutes les questions relatives à la matière électorale, doivent faire l’objet de consensus de la part des acteurs politiques. Sinon on ne pourra pas échapper à des situations aussi irrationnelles, que celles des élections en Guinée Bissau, où malgré ces élections transparentes, les résultats ne sont pas acceptées. Voilà à peu près les questions et j’ai comme l’impression aussi qu’il y a une espèce de rupture entre l’opinion et le pouvoir en place. Ce qui n’est pas bon Car traduisant un problème de communication.

Y a t-il un sondage pour constater cette rupture. Autrement dit, sur quoi vous fondez vous pour dire qu’il y a une rupture entre l’opinion et le pouvoir ?

Alioune Tine :

Il est évident que quand on voit, tout ce qui est en train d’être fait, tout ce qui est en train d’être dit, lorsque vous vous réveillez le matin et que vous allumez la radio ou que vous regardez les titres ou lisez les unes, il est évident que la rupture est très nette quand on se fonde sur la perception que les journaux sénégalais ont aujourd’hui et par rapport au pouvoir, par rapport à ce que le pouvoir fait, la rupture est très nette, par rapport à la gestion de beaucoup de problèmes. D’ailleurs que ce soit la gestion de l’affaire Idy, les inondations, la grève des agents de la santé..., la rupture est là. Tous les jours que Dieu fait, quand vous regardez la presse, quand vous écoutez les radios, vous constatez qu’il y a des problèmes

On parlait justement de rupture du dialogue politique et de la nécessité de remettre des passerelles pour que l’opposition puisse discuter avec le pouvoir afin qu’on trouve un consensus sur les questions que vous venez d’énumérer tout à l’heure. Est ce que vous pensez que, de part et d’autre, les différents acteurs sont vraiment prêts à aller dans ce sens ?

Alioune Tine :

Vous savez, nous avons, à plusieurs reprises, fait des appels pour le dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition. Et ce que nous avons d’abord vu de la part de l’opposition, c’est un besoin de dialogue. Maintenant, nous avons été reçus par le président de la République avant-hier et nous lui avons posé la question. Nous avons d’ailleurs noté une très grande disponibilité du président de la République et il a donné des instructions à sa secrétaire pour qu’une réponse soit apportée à la demande d’audience du CPC (Cadre permanent de concertation de l’opposition), devant nous et de vive voix. Il a bien entendu reconnu la nécessité de dialoguer avec l’opposition sur toutes les questions. Vous savez, aujourd’hui, il y a beaucoup de questions qui se posent notamment sur le démarrage du calendrier républicain et des inscriptions à partir de Dakar. La Céna fait aussi l’objet de controverses. Mais nous avons vu du côté du président de la République une grande disponibilité à discuter. Dès le lendemain, nous avons rendu compte aux leaders de l’opposition qui ont accueilli cela très favorablement, je dirais même avec enthousiasme. Nous sommes, en effet, très optimistes quant à la possibilité de renouer très rapidement ce dialogue. Je dirais même qu’il faut dialoguer sur des questions extra-sénégalaises. Quand vous regardez aujourd’hui la géopolitique dans notre sous-région, la situation est grave. Je pense que même sur des questions fondamentales comme la situation de la Mauritanie, de la Gambie, et de la Guinée Bissau, ça ne va pas du tout. Le pouvoir et l’opposition doivent avoir aujourd’hui une vision géopolitique commune très forte. L’opposition peut même s’impliquer dans un travail de renforcement de la démocratie, de la paix dans la sous-région. Je l’ai vue le faire dans le cas de la Côte d’Ivoire, nous avons vu beaucoup de membres de l’opposition s’impliquer, mais dans le cas de la Guinée Bissau, il n’y a eu pratiquement que le pouvoir, et je pense que l’opposition peut s’investir pour voir ce qu’elle peut faire pour renforcer la paix et le dialogue démocratique. En Mauritanie également, c’est pareil. Parce que nous avons, d’ailleurs, présenté des leaders de l’opposition mauritanienne autant au pouvoir qu’à l’opposition. Je vous rappelle ce qui s’est passé en 1988. Il y a eu une crise politique assez profonde qui a affaibli le Sénégal . Et tout de suite en 1989, il y avait eu une attaque à la fois du côté de la Gambie que de la Mauritanie. Vous savez la confédération, les événements mauritaniens qu’on a connus, et même du côté de la Guinée Bissau avec les problèmes frontaliers, les problèmes du pétrole. Il y avait même une coïncidence entre les problèmes géopolitiques qu’on a eus et le renforcement de l’armement et du potentiel de feu du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance) à l’époque. D’où l’intérêt au plan national de discuter de ces questions importantes.

Pour vous donc, il y a donc une corrélation entre l’entente entre les différents acteurs politiques et la stabilité du pays ?

Alioune Tine :

Mais il y a un lien direct. Chaque fois qu’on a ici une situation d’affaiblissement, j’appelle situation d’affaiblissement, la situation où on a une dégradation de l’image du Sénégal à l’extérieur, ça veut dire la vitrine, une situation pour laquelle, nous avons le Sénégal donnant un mauvais exemple. Le Sénégal dans la sous région, en matière démocratique, en manière de droits humains. Le Sénégal doit toujours donner le bon exemple dans la sous-région. Sinon, si le Sénégal qui est ici la référence le fait, les autres pays peuvent se dire pourquoi pas eux. Je pense qu’il faut extrêmement faire attention et renforcer la situation intérieure au plan démocratique, au plan des droits humains et continuer à servir de modèle. Si on ne le fait pas, on va affaiblir la sous-région. De quelque côté que vous vous tournez, il y a vraiment des raisons d’être extrêmement inquiets. Nous sommes aujourd’hui inquiets sur la situation de la Côte d’Ivoire où les résolutions des Nations Unies n’ont pas été respectées, l’embargo par exemple sur les armes. Du côté de Laurent Gbagbo, il y a beaucoup d’armes ukrainiennes qui ont transité par la Guinée Conakry, il y a aussi la médiation de Tabo Mbeki qui a totalement été remise en question. Et aujourd’hui, comme les Forces nouvelles l’ont dit, je vous assure que, le 30, il y aura pas d’élections. Et le jour suivant, la légitimité de Gbagbo va être contestée. Aujourd’hui, la communauté internationale est totalement passive, l’Union africaine doit anticiper et agir très vite par rapport à cette situation surtout par rapport au reniement de Mbeki. Car si jamais, il n’y a pas un sommet à l’heure actuelle sur la Côte d’Ivoire, je suis sûr que le clash est possible. J’ai comme l’impression qu’on en a pas une très forte conscience. Il y a beaucoup de monde, il y a beaucoup de Sénégalais en Côte d’Ivoire. Donc, je dirais que sur les questions géopolitiques, intérieures, les questions démocratiques, stratégiques, il faut un consensus fort de toute la classe politique, qu’on en discute afin que le Sénégal continue, autant au niveau de l’opposition que du pouvoir, à servir de modèle au niveau des pratiques républicaines et des pratiques démocratiques.

On a vu quand même le Président Wade rencontrer à maintes reprises les leaders de l’opposition, dans un passé assez récent, et on a l’impression, à chaque fois, que c’est l’éternel recommencement. A quel niveau situez-vous la responsabilité de cette situation assez singulière ?

Alioune Tine :

Vous posez une très bonne question. C’est celle de la démarche politicienne. Les gens soupçonnent en se disant : « Tiens, on veut nous avoir, il faut qu’on fasse attention »... Tout le problème est une question de confiance. C’est une véritable crise de confiance les gens se disent : « est-ce que c’est crédible ? ». Donc, il faut essayer de définir une méthodologie de travail, d’identifier de façon correcte les problèmes et également voir la meilleure manière de régler les problèmes. Sinon, il est évident que dans le cadre d’une simple audience en quelques heures, on ne peut pas régler des questions de ce genre. Il faut également noter que généralement les discussions ne sont pas inclusives. Si vous travaillez avec une partie de l’opposition, ou une partie des partis au pouvoir, il est évident que les autres partis vont remettre en question les acquis et c’est le recommencement. Donc, il faut d’abord travailler dans la confiance. C’est-à-dire identifier les problèmes et les bases de travail. Ensuite avoir un accord et le respecter scrupuleusement. Mais tant que la confiance n’est pas là, tant qu’il y a des arrière-pensées partisanes et politiciennes, il est évident que ça ne va pas marcher. Et je pense qu’au Sénégal, un des défauts, il faut le dire, c’est la politique politicienne. C’est un débat qui est fondamentalement axé sur le positionnement. Aujourd’hui, nous avons besoin vraiment d’y voir très clair et d’avancer sur les questions stratégiques que sont les questions électorales et qui sont des questions éminemment démocratiques.

Croyez-vous la classe politique capable de dépasser aujourd’hui toutes ces questions qui minent le débat démocratique ?

Alioune Tine :

Je pense quand même que les Sénégalais, de plus en plus, dans l’opposition comme au pouvoir, sont inquiets, ils se posent des questions. Peut-être que la manière d’aborder les questions, d’aborder les problèmes, n’est pas toujours la bonne. Ce qui est sûr, c’est que les enjeux expliquent un peu la fébrilité de la situation et ce sont des enjeux de pouvoir. C’est par exemple, des sièges à l’Assemblée nationale, c’est le fauteuil du chef de l’Etat, etc. Il y a ceux qui veulent le conquérir et ceux qui veulent le conserver. Maintenant la question de fond, c’est que les règles de conquête du pouvoir doivent être des règles démocratiques sur lesquelles on doit avoir un consensus extrêmement fort. Maintenant, si on triche avec ces règles ou si on donne le sentiment qu’on triche... Je vais vous donner deux exemples très clairs. Vous prenez les cartes électorales israéliennes, c’était un tollé, c’était une crise quand elles sont arrivées. Nous, nous avions rencontré, à l’époque, le Général Lamine Cissé qui nous avait expliqué que c’était infalsifiable. Mais c’est pratiquement à l’avant-dernier jour de l’élection que l’opposition a accepté de dire qu’elle va voter avec ces cartes électorales. Mais aujourd’hui, avec les innovations électroniques qui vont être introduites, il est évident que s’il n’y a pas des explications claires, s’il n’y a pas un consensus fort dans les décisions et également des décisions inclusives, on risque de retomber dans les mêmes problèmes. En tout cas, aujourd’hui, on a besoin de dialogue dans ce pays parce que les problèmes politiques sont nombreux. Et à côté, il y a les affaires que vous savez. C’est est un cocktail lourd de dangers. Et effectivement, la manière dont cela est traité et qui n’est pas très clair laisse planer le doute. Tout cela rend les gens très mal à l’aise. Il convient de sortir de cette situation délétère très rapidement. Et on ne peut pas le faire sans le dialogue politique, sans la contribution de tous les Sénégalais pour trouver des solutions pacifiques afin qu’on aille vers des élections démocratiques, transparentes et apaisées. Je pense que ça c’est un défi du pouvoir de l’alternance. Quand on a eu l’alternance au mois de mars 2000, le lendemain les gens sont allés au travail. Il faut que ça soit pareil cette fois-ci.

Vous l’avez relevé, l’ex-numéro 2 du Parti démocratique sénégalais est aujourd’hui en prison et une large partie de l’opinion pense que ce problème relève d’un règlement de comptes politiques et d’enjeux de succession. En tant que personne qui s’active dans la défense des droits de l’Homme, pensez-vous ce dossier est géré de façon normale et régulière ?

Alioune Tine :

Bon, il est évident que les militants des droits de l’Homme ont leur mot à dire. Il est évident que les positions de la Raddho (Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme) sur la question sont connues. Ce sont des positions très fortes par rapport à un certain nombre de principes relatifs aux droits de la défense à un certain nombre de principes sur les motifs. On a également exprimé des positions qui sont très claires, très fortes. Cela dit, pour le moment, nous sommes en train de réfléchir profondément sur la question, sur également d’autres méthodes de sortie de crise parce que le Sénégal a besoin de sortir de cette crise.

Vous ne pensez pas que l’affaire Idrissa Seck vient renforcer l’analyse que vous avez faite tout à l’heure sur le Sénégal qui est dans une position assez dangereuse ?

Alioune Tine :

C’est à dire qu’on a ouvert des fronts qui ne sont pas de petits fronts. Le front Idrissa Seck, ce n’est pas un petit front. Je vous l’assure. Ce, par rapport à ce qu’il a représenté dans ce pays et ce qu’il représente encore. Ce ne sont pas de petits fronts dans la mesure où il y a un certain nombre de défis comme le défi de la bonne gouvernance. Car, pour la première fois au Sénégal, on a eu un débat aussi large sur la bonne gouvernance. On a des décisions qui ont visé aussi de hautes personnalités de l’Etat sur des questions de bonne gouvernance. Mais dans la manière de traiter la question, il y a énormément de problèmes. On n’a pas vraiment eu l’impression d’avoir affaire à une justice qui, toute seule, s’est mise en branle, une justice d’indépendance. Pis, on a l’impression que c’est notre Constitution qui pose des problèmes structurels qui bloquent réellement l’indépendance de la justice : les relations entre le parquet et le ministère de la justice, la manière de déplacer les juges, de les affecter, les problèmes du statut des juges, c’est-à-dire que si ce ne sont pas des juges titulaires, on peut les déplacer et les affecter comme on veut. On a joué sur beaucoup de choses. Je dirais la même chose sur la configuration du Conseil supérieur de la magistrature. Il a également une interprétation très étroite de ce que l’on appelle l’obligation de réserve chez le juge au Sénégal. Si vous allez en France, les juges expriment leurs opinions dans les journaux, réfléchissent beaucoup et écrivent sur les questions actuelles. Nous avons également des problèmes au niveau de nos propres institutions. Par exemple, il y a des crises politiques qui auraient dû être réglées au niveau judiciaire par le Conseil constitutionnel. Et quand nous avons des problèmes comme dans le cadre de la loi Ezzan, le Conseil constitutionnel se dit incompétent. Sur les problèmes de la Céna, le Conseil constitutionnel se dit encore incompétent. Cela veut dire qu’il est bon aujourd’hui qu’on revienne sérieusement pour voir les gaps que nous avons. Si vous voyez également l’interprétation de l’article 101, vous avez les lectures sont totalement divergentes. Qu’est-ce que ça prouve ? Cela prouve qu’au niveau structurel, au niveau de l’ordonnancement même des différents outils judiciaires (Constitution, lois organiques, lois, etc.), il y a énormément d’incohérences. Sur la hiérarchie des normes aussi, il y a énormément d’incohérences. De même que sur l’écriture des textes. Par exemple, si vous prenez un des paragraphes vous le lisez, si vous l’appliquez tel que c’est dit, ça aboutit à un non sens. Tout ça pose des problèmes, il y a des problèmes organiques, des problèmes structurels, il y a également des problèmes d’une autre nature sur lesquels, il est nécessaire de se pencher pour renforcer le système démocratique sénégalais.

Par rapport à la situation que vous venez de décrire, pensez-vous que la société civile est assez organisée pour jouer pleinement sa partition ?

Alioune Tine :

Je pense que, quand vous regardez la sous-région, vous vous rendez compte que la société civile sénégalaise est une des plus dynamiques. Le problème qu’il y a est un peu un problème de moyens et de ressources humaines. Si on prend l’exemple de notre propre organisation, une fois qu’on a des ressources humaines, et comme les gens travaillent sur le bénévolat avec des salaires très bas, généralement, ils repartent. Les autres problèmes sont des problèmes d’organisation. Très souvent, la société civile n’a pas la même vision, les mêmes positions, ni les mêmes démarches. Et ça pose des problèmes. Il me semble que ça aussi, il faut qu’on l’examine très franchement. Nous sommes à un tournant au Sénégal où il est évident que tous les segments, que ça soit la société civile, les syndicats, les partis politiques, doivent se réorganiser. C’est absolument nécessaire pour qu’on puisse avancer. Tout cela est lié à la situation sociale et économique du pays.

Apparemment, c’est une crise qui est globale.

Alioune Tine :

C’est une crise à la fois globale et complexe. Et le traitement de la globalité et de la complexité, je vous assure, ce n’est pas très facile, c’est peut être que nous assistons à un tournant. En un mot, je pense que le Sénégal se cherche, ça c’est très clair. On est inquiet et en même temps, on est en mouvement. A l’intérieur, ça bouge beaucoup. Maintenant comment le pouvoir va avoir la possibilité de gérer tout cela ? J’ai comme l’impression que les gens n’ont pas encore trouvé l’assiette par rapport à ce mouvement. Il faut faire attention parce que même avec la rentrée, on va encore en avoir et ça c’est certain.

Vous semblez très pessimiste ?

Alioune Tine :

Je suis assez pessimiste, s’il n y a pas un nouveau réflexe pour que les gens se ressaisissent au plan politique et pour que les gens aussi regardent l’intérêt général, global et notre place en Afrique et dans le monde. Or, il me semble qu’il y avait des questions majeures qu’on avait ouvertes comme le Sénégal au conseil de sécurité des Nations Unies, c’est presque passé au second plan sur l’image du Sénégal démocratique, etc. Quand vous lisez les journaux, les contributions intellectuelles et autres, vous sentez qu’il y a une réflexion qui se met en place, c’est une bonne chose, ça bouge. Mais la gestion de tout ce qui bouge en ce moment est extrêmement difficile. On ne sent pas que c’est organisé. On n’a pas l’impression par rapport à tout ça d’avancer. On a plutôt l’impression de faire du sur place.


 

 

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