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La CENA officiellement installée

Contrôle et supervision des élections

La Cena officiellement installée

Devant le Conseil constitutionnel, qui procédait hier, à leur installation officielle, les membres de la Commission électorale nationale autonome (Cena) ont juré d’accomplir leur mission avec « impartialité ».

« Je compte accomplir ma mission avec impartialité de ne me laisser influencer ni par l’intérêt personnel présent ou futur ni par une pression d’aucune sorte. Dans mon appréciation, je n’aurai pour guide que la loi, la justice et l’équité. Je m’engage à l’obligation de réserve et au secret des délibérations, même après la cessation de mes activités », jure Moustapha Touré, le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), devant les membres du Conseil constitutionnel. Papa Sambaré Diop, le vice-président de l’instance de supervision et de régulation des élections, El Hadji Guissé, Mouhamadou Mbodji, Issa Sall, Mohamet Fall, Aminata Sow Fall, Aminata Dramé Kébé, Babacar Macodou Ndiaye, Mbaye Mbengue, Babacar Diallo et Amsatou Fall, les membres lui succèdent à la barre de la salle d’audience de la Cour de cassation et prononcent le même serment.

« Je ne doute pas que vous avez la volonté de relever les défis qui vous attendent et d’améliorer la qualité de l’organisation des divers scrutins à venir à la satisfaction du peuple sénégalais », déclare Mme Mireille Ndiaye, président du Conseil constitutionnel qui a pris acte des serments des membres de la Cena.

Mme Mireille Ndiaye leur a souhaité « plein succès dans l’exercice de (leurs) nouvelles charges pour que le Sénégal démontre au monde qui l’observe que ce qu’il a réussi en 2000 n’est pas un accident de l’histoire mais seulement un moment dans une évolution démocratique irréversible de ses institutions politiques ».
Rappelant le vote, par l’Assemblée nationale, à l’unanimité, le 11 mai 2005 de la loi créant la Cena, Mme Mireille Ndiaye a félicité la classe politique sénégalaise. « Elle a su, en effet, faire preuve de dépassement à cette étape importante de l’évolution de nos institutions politiques », explique-t-elle.

Complexité du processus
La Cena est l’héritière de l’Observatoire national des élections (Onel), lequel, selon Mme Mireille Ndiaye « a joué un rôle décisif dans la transparence des élections au Sénégal depuis 1997 ». D’après le président du Conseil constitutionnel, le Sénégal « est, aujourd’hui, cité en exemple en Afrique, mais aussi à travers le monde, en raison de la maturité de son peuple et de ses institutions en matière d’organisation des élections ». Ainsi, a-t-elle indiqué, cette année, le Conseil constitutionnel a reçu la visite de trois institutions similaires du Burundi, de la Guinée équatoriale et du Burkina Faso, venues « s’inspirer du système d’organisation des élections au Sénégal ». Cependant, avertit-elle : « il ne faut pas que nous dormions sur nos lauriers, toujours fragiles et sensibles aux vents mauvais, tant l’organisation des élections est un processus lourd, complexe et délicat, même lorsqu’on capitalise une expérience certaine en la matière ». À l’en croire, c’est pour cette raison que le Conseil constitutionnel a pris les dispositions « nécessaires » pour mettre les membres de la Cena en « situation d’être opérationnels », quand ils ont « demandé à prêter serment ». Pour ce faire, a-t-elle souligné, le Conseil constitutionnel a, dans des délais inhabituels, statué sur les deux points relatifs à la nomination de Moustapha Touré et ses collaborateurs.

Recours en annulation au Conseil d’Etat L’opposition a saisi le Conseil d’Etat aux fins d’annulation du décret nommant les membres de la Cena. Selon Mme Mireille Ndiaye, le Conseil est dans l’incertitude de la décision qui sera rendue. Il n’ignore pas non plus, « les conséquences qui découleraient d’une éventuelle annulation dudit décret sur les actes qui auraient été pris antérieurement par l’instance de régulation des élections ». Au demeurant, précise Mme Mireille Ndiaye, la prestation de serment des membres composant la commission ne lie pas le Conseil d’Etat dans la décision qu’il est appelé à prendre, tout comme le Conseil n’est pas suspendu au délai dans lequel le Conseil d’Etat décidera de statuer. La tenue de la cérémonie se justifie, selon elle, par le respect des prescriptions de l’article 17 de la loi portant création de la Cena, qui dispose que les membres de la Cena prêtent serment devant le Conseil constitutionnel. De l’avis de Mme Mireille Ndiaye, le Conseil est aussi « habité par la conscience qu’il a du fait que plus tôt sera enclenché légalement le processus électoral, mieux seront mis à disposition les moyens pour réussir l’organisation et le déroulement des élections ».
Interrogé au sortir de la cérémonie, Moustapha Touré a demandé « un peu de patience » et donné rendez-vous sur le terrain. « Jugez la Cena sur pièce et non sur des préjugés et des arrières-pensées qui ne reposent sur aucun fondement solide », lance-t-il. M. Touré déclare s’être fixé pour objectif « d’élever le Sénégal au rang des grandes nations de démocratie capables d’organiser des élections libres et sincères ».

BABACAR DIONE

Journal Le Soleil

 
 

 

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