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Forum : Questions sociétales

Nos Institutions

fall Paap
#1 le 27/07/2008 à 14:00 Nos Institutions

Quelques premières réflexions sur les débats futurs: le but des Assises est de proposer des solutions consensuelles sur le court ou le moyen terme, mais qui intègrent une vision plus large de l'avenir. Ce qui rend notre travail assez délicat parce que comme le temps nous est compté, on doit éviter les discussions trop longues qui pourtant pourraient s'avérer nécessaires sur certaines questions de fond. Je propose donc que l'on traite les points que l'on veut en en classant nos futures propositions dans 2 catégories: celles dont la réalisation nous semble urgente et celles qui engagent plutôt l'avenir.

I. INSTITUTIONS LIBERTES CITOYENNETE

a) A propos de la Constitution

  • Il semble y avoir un consensus dans le pays tout entier sur l'inutilité du Sénat, institution parasite et budgétivore. Sa suppression devrait pouvoir se faire rapidement. (une petite divergence avec Moustapha Konaté qui ne semble pas envisager de suppression)

Nous pourrions nous focaliser sur les points suivants qui nécessiteraient une révision de la constitution.

  • Les pouvoirs de l'assemblée nationale qui doit absolument avoir la capacité de faire des propositions de loi.
  • L'ajout du Balanta, Baïnunk et du Manjaak dans la liste des langues nationales consacrées par la constitution (qui les a exclues sans débats)
  • La suppression de l'obligation de lire et écrire couramment la langue officielle (le Français) pour être candidat à la présidence de la République. Cela même si l'on sait que le fait de ne pas maîtriser cette langue va être – pour le moment – un handicap pour un candidat; on ne doit pas en faire un principe constitutionnel. D'ailleurs dans un futur assez proche, c'est la maîtrise orale et écrite d'une langue nationale qui devra être la condition d'éligibilité. Ce qui pose la question d'une politique vigoureuse des langues nationales.
  • Une question à long terme sur la représentation nationale: certains constitutionnalistes pensent que la non-représentation au parlement de nos composantes ethno-culturelles (peulhs, sérères, lébous, hal pualaar , wolof, diola etc. etc.…) déséquilibre la vie nationales par des luttes ou compétitions ou luttes souterraines, favorise la corruption et les passe-droits etc. Des députés qui pourraient poser les questions sur la place publique favoriseraient l'unité nationale en permettant à notre peuple de mieux se connaître et en cassant les hostilités (qui peuvent s'avérer très graves dans notre Afrique) par une transformation en débats publics, en obligeant les citoyens et partis à penser réellement le devenir national. Je pense même que si l'on avait été plus inventifs au moment des indépendances, nous n'aurions pas eu la rébellion en Casamance qui au départ avait prospéré sur l'impression (en partie vraie) d'un accaparement des terres par des sénégalais dit "du nord" ¬— wolofs et sérères— qui avait commencé pendant la période coloniale et avait continué avec la complicité des autorités issues de l'indépendance. Evidemment une telle représentation de nos ethnocultures doit être mûrement cadrée et organisée. Mais pour moi cela représenterait un véritable bond en avant.

Il y a aussi la question du découpage administratif du Sénégal: faut-il repenser le découpage régional de notre pays? Ces structures administratives sont elles asses efficaces? Ont-elles assez de moyens pour assurer le développement régional? Les inégalités (avec le poids faramineux de Dakar) ne doivent-elles pas être compensées? Ces questions n'engagent pas le court terme mais vous n'êtes pas sans savoir que une partie de nous compatriotes du Sénégal oriental et du fleuve sont résolument engagées dans la lutte pour la création de la Région de Bakel qui leur apporterait plus de pouvoir de décision en matière de développement économique.

b) Nos Institutions non étatiques

J'entends par cette expression, nos partis politiques, grandes associations d'utilité publique surtout. Nous avons esquissé cette discussion lors de notre première réunion. Je voudrais surtout parler içi du devoir de transparence des partis politique vis-à-vis du peuple sénégalais. C'est un véritable combat dans lequel nous devrons avoir pour guide 2 principes fondamentaux à mon sens.

  • la liberté d'association avec le minimum d'ingérence de l'Etat dont le droit de regard ne doit pas devenir un instrument d'empêchement. Là, il me semble que nous pouvons continuer à nous inspirer du droit associatif français, ce qui ne nous empêche pas de chercher des exemples dans d'autres pays et dans nos traditions.
  • Mais alors il nous faut trouver les moyens de pousser tous les partis (et surtout les plus susceptibles de prendre le pouvoir) à faire une introspection critique de leurs pratiques et même leur autocritique sur ce point car ils ont tous pêché là-dessus. Tout parti sérieux devrait rendre public ses modes de financement ; mais aussi laisser les enquêteurs (étudiants, élèves, journalistes, sociologues etc.) étudier et analyser leurs composantes sociales, ethno-culturelles etc. SI LES ASSISES POUVAIENT CREER UNE CHARTE SUR LE FINANCEMENT ET LA DIVERSITE acceptée par tous, ce serait vraiment une bonne chose.


 

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