Lundi 17/10/05 à 16:48 Toutes les stations d'un des principaux réseaux de radio privé sénégalais à Dakar et dans sept villes de province, ont été fermées par la police .....
lundi 17 octobre 2005 à 16:48
Toutes les stations d'un des principaux réseaux de radio privé sénégalais à Dakar et dans sept villes de province, ont été fermées par la police lundi et au moins dix neuf personnes de ce groupe de communication qui gère ces radios ainsi qu'un quotidien ont été interpellées, a-t-on appris auprès du groupe.
Oumar Diouf Fall, Directeur général du groupe "Sud Communication", qui gère huit radios privées au Sénégal, une en Gambie, ainsi qu'un quotidien au Sénégal, a indiqué à l'AFP que les radios du groupe, dénommées "Sud FM", avaient été fermées par la police à Dakar, la capitale, à Mbour (sud de Dakar), à Thies (est de Dakar), à Saint-Louis (nord) et à Ziguinchor (sud), dans la banlieue de Dakar, à Djourbel (centre-ouest) et à Kaolack (centre-est). Le groupe "Sud Communication" possède une station de radio à Banjul, la capitale gambienne, un état indépendant du Sénégal.
M. Fall a indiqué, lundi en fin de matinée, qu'il n'avait reçu "aucune notification" de source officielle sur les raisons des fermetures des stations du groupe "Sud Communication".
Par ailleurs, d'autres dirigeants de "Sud Communication", parlant sous couvert de l'anonymat, ont indiqué qu'au moins dix huit personnes membres du groupe avaient été interpellées par la police lundi matin à Dakar.
Le directeur de "Sud FM" à Ziguinchor (Casamance, sud), Ibrahima Gassama, qui a recueilli l'interview d'un responsable militaire du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance, ex-indépendantistes), Salif Sadio, a été interpellé par la police lundi matin.
Selon le correspondant de l'AFP à Ziguinchor, M. Gassama se trouvait lundi en fin de matinée au commissariat central de police de cette ville. La diffusion de "Sud FM" Dakar est interrompue depuis tôt lundi matin.
Un journaliste de l'AFP qui s'est rendu dans les locaux dakarois du groupe "Sud Communication" s'est vu interdire l'accès par deux policiers.
Il a vu partir à bord d'un fourgon de police des membres du personnel du groupe.
Au commissariat central de police du "Plateau", le centre-ville de Dakar, le journaliste de l'AFP a pu voir des membres du personnel de "Sud Communication", dont au moins un journaliste.
Un policier qui ne s'est pas identifié, s'est borné à indiquer que les personnes interpellées l'avaient été "sur instruction de l'autorité".
Dans son interview à la radio "Sud FM" et à "Sud Quotidien" lundi, Salif Sadio, qui est présenté par le quotidien comme "Chef d'Etat-Major Général du MFDC", déclare: "Je reviendrai à la maison après avoir chassé le Sénégal de Casamance. La solution la plus simple c'est le départ du Sénégal. S'il y a des préalables, il faut s'assoir autour d'une table de négociation, d'une table libre dans un pays neutre", ajoute-t-il.
Le MFDC est à l'origine d'une rébellion indépendantiste armée déclenchée en 1982 en Casamance, qui a fait plusieurs centaines de morts. Le leader historique du Mouvement, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, a signé fin décembre 2004 un accord général de paix avec le gouvernement sénégalais.
AFP.
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