Pana Press
Paris - Le 26/09/05 .............. La RADDHO pour le respect de la procédure dans l'affaire Seck
Paris, France (PANA) -
Le Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (RADDHO), Alioune Tine, a réclamé samedi à Paris, "le respect strict" de la procédure dans l'instruction du dossier de l'ancien Premier ministre sénégalais Idrissa Seck, incarcéré dans son pays depuis le mois de juillet dernier.
"Il n'est pas normal que des hauts fonctionnaires qui ont connaissance des faits en rapport avec cette affaire choisissent de les mettre sur la place publique plutôt que de faire des dépositions.
On assiste également à de graves violations du secret de l'instruction. Tout cela doit cesser afin que nous revenions à un respect strict de la procédure judiciaire", a-t-il déclaré lors d'un entretien avec la PANA.
M. Tine a également critiqué les méthodes de la Division des investigations criminelles (DIC), précisant avoir directement abordé le sujet avec le ministre sénégalais de l'Intérieur qui s'est engagé à encadrer les "débordements" des enquêteurs de l'affaire Idrissa Seck.
"Des méthodes de la DIC sont tout simplement des harcèlements contre les partisans d'Idrissa Seck. Dans certains cas, les concernés ne reçoivent même pas de convocation. Nous nous en sommes inquiétés auprès du ministre de l'Intérieur. Il a reconnu avoir été mis devant le fait accompli des méthodes de la DIC avant de promettre d'intervenir auprès des commissaires en charge des enquêtes", a rapporté le Secrétaire général de la RADDHO.
"Il est indispensable pour nous, que les droits humains soient respectés, que les personnes entendues puissent quitter librement la DIC à l'issue de leur audition lorsqu'aucun fait précis ne leur est reproché", a insisté M. Tine.
Pour lui, il est dans l'intérêt de la paix et de la stabilité au Sénégal, que l'affaire Idrissa Seck soit réglée avant les prochaines échéances électorales.
"On aurait tort, tant au niveau de la Société civile que des autorités sénégalaises, d'occulter le lien très fort entre l'affaire Idrissa Seck et le climat des prochaines consultations électorales. Ce dossier est un élément d'instabilité qu'il faut régler au plus vite, par des décisions judiciaires", a suggéré le défenseur des droits de l'Homme.
"Il est, pour nous, établi que l'arrestation d'Idrissa Seck participe des enjeux de la conservation et de la conquête du pouvoir au Sénégal. Il ne s'agit pas d'un petit dossier. Ailleurs en Afrique, ce type d'affaire est venu se greffer au contexte électoral pour créer de l'instabilité. Prenons garde, au Sénégal, à ne pas nous retrouver dans la même situation", a encore dit Alioune Tine.
Après avoir été présenté comme "le dauphin naturel" du président sénégalais Abdoulaye Wade, dont il fut le plus proche collaborateur, Idrissa Seck a été emprisonné en juillet dernier à la Maison d'arrêt et de correction dakaroise de Reubeuss.
La Justice sénégalaise le poursuit pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" et "détournement de fonds" destinés à la construction des "chantiers de Thiès", une ville dont il était maire cumulativement avec ses fonctions de Premier ministre.
Paris - 26/09/2005


